🧭 L’IA, les copier-coller et la perte du sens : plaidoyer pour une écriture consciente
Alors aujourd’hui, j’en ai un peu ras le bol. En permanence, je vois s’exprimer sur les réseaux sociaux, des directeurs d’école, formateurs ou même enseignants qui se plaignent de ces étudiants qui surutilisent l’IA sans réfléchir. Et franchement, ça m’exaspère. Vous comprenez, une fois de plus, les étudiants ont fait des copier-coller. Ils n’ont pas compris ce qu’ils ont collé, ils ont juste trouvé que ça faisait bien.
Bon reconnaissons que moi-même, j’ai déjà été confronté à cela : des étudiants qui utilisaient des mots dont ils ne comprenaient même pas le sens. Quand je leur demandais : « Pouvez-vous me définir l’expression de démarche holistique qui est dans votre dossier ? ». Gros malaise ! Ils étaient bloqués. Et là, on voyait bien qu’on était tombé dans le piège du copier-coller, bête et méchant.
Faire des copier-coller, en soi, ce n’est pas grave en soi. Parfois, on a besoin d’être productif, d’automatiser certaines tâches. Mais quand on parle de création, de production de contenu, et qu’on se retrouve avec des textes qui se ressemblent tous à 100 %, là, c’est dangereux. Parce que ces copier-coller ne sont pas rattachés à ton système de pensée. Si tu rédiges toi-même ton contenu pendant trente heures, tu vas en retenir tous les bénéfices en terme de capitalisation de savoirs. Si tu copies pendant dix heures, sans te soucier du sens, il ne restera rien.
🤖 Vivre avec son époque : ne pas refuser l’IA
Je pourrais très bien dire : « N’utilisez pas l’IA », « arrêtez les copier-coller », etc. Mais il faut être lucide : aujourd’hui, l’IA est là, elle fait partie de nos vies. Ne pas la connaître, c’est se priver de compétences, de nouvelles manières de réfléchir, de travailler, d’analyser et donc de créer. Et ça peut, à terme, vous désavantager sur le marché du travail. Ne comptez pas sur moi pour vous détourner de l’IA : je vous recommande de l’utiliser.
🧩 Définir un cadre pour l’utilisation de l’IA
Par contre, il faut lui donner un cadre. Ce cadre, il doit respecter ta manière de fonctionner, ta manière de penser.
Je crois qu’il serait intéressant, par exemple, de transmettre à l’IA ton style : ton écriture, ton vocabulaire, ta structure de pensée. Tu pourrais très bien lui fournir le PDF d’un travail que tu as rédigé sans IA, ou encore compiler tes mails longs, ceux où l’on retrouve ta tonalité, tes phrases, ta logique de pensée. À partir de là, l’IA analyserait ton style et apprendrait à écrire comme toi et à t’améliorer.
🧠 L’IA comme partenaire d’écriture, pas comme rédacteur automatique
L’IA peut être un bon partenaire d’écriture, mais pas un rédacteur autonome. Elle a souvent tendance à employer des expressions toutes faites, des formules qui ne correspondent pas au message souhaité. Parfois même, elle “hallucine”, c’est-à-dire qu’elle invente des mots ou des tournures totalement absentes du cadre linguistique français. C’est pour cela qu’il faut toujours garder la main, vérifier, relire, corriger.
🚫 Créer des garde-fous stylistiques
Et j’irai même plus loin : il faut se créer des garde-fous. On pourrait très bien indiquer à l’IA toutes les expressions et locutions qu’elle n’a pas le droit d’utiliser. Parce qu’elle a cette manie de répéter sans cesse les mêmes mots, les mêmes tournures. Et à force, la lecture devient plate, sans surprise.
C’est ça qui donne parfois cette impression que l’IA est inodore, incolore. Elle ne transmet pas la réalité de notre pensée. Alors que ce qu’on cherche, c’est justement le contraire : une écriture vivante, expressive, incarnée.
📚 S’inspirer de l’art d’écrire
Je pense d’ailleurs au livre de Michelle Fayet, « Rédiger son complexe », que je trouve extraordinaire. Il regorge de conseils d’écriture. On pourrait très bien compiler ces conseils dans un chatbot et les croiser avec notre propre manière de rédiger, de penser, d’exprimer nos idées.
En combinant les deux — notre style et ces principes d’écriture —, on obtiendrait des textes vraiment fidèles à ce qu’on pense et à ce qu’on veut transmettre. Et là, oui, on pourrait faire des copier-coller : non pas pour tricher, mais pour prolonger notre propre voix. Parce qu’à ce moment-là, l’IA capterait notre expression vocale, notre rythme, notre ton, et on pourrait ensuite récupérer le texte et l’améliorer si besoin.
