Souvent, quand nous souhaitons utiliser l’IA sur un sujet quelconque, rarement avons-nous les idées claires dès le départ.
Il y a comme une forme de flou artistique dans nos recherches et nos investigations. Et la méthodologie CRAFT peut alors s’avérer insuffisante, voire problématique.
Parce que CRAFT — qui signifie Contexte, Rôle, Action, Format et Ton — suppose qu’avant de passer au format, au ton, ou même à l’action, il faut d’abord bien saisir le contexte. Or, ce contexte est souvent difficile à appréhender. Nous évoluons dans un monde de plus en plus VUCA (volatil, incertain, complexe et ambigu). Certains vont même plus loin et parlent désormais d’un monde BANI : fragile, anxieux, non linéaire et incompréhensible.
Bref, le contexte est délicat, parfois instable, surtout contradictoire. Et lorsqu’on commence à réfléchir à un projet, on est souvent submergé de signaux forts, bien visibles, mais aussi de signaux faibles, plus discrets, qui peuvent devenir des tendances lourdes dans trois à cinq ans. L’enjeu, c’est d’arriver à les capter, à les faire remonter pour nourrir la réflexion.
Dans ce cadre, il peut être intéressant d’inviter l’IA à participer à cette réflexion sur le contexte, à poser des questions, à challenger, à clarifier certains points. On peut aussi choisir de s’auto-questionner, de manière spontanée, presque naïve. Même des questions “bêtes” peuvent se révéler extrêmement fécondes, car elles font émerger des zones d’ombre qu’on ne perçoit pas toujours au premier abord.
L’objectif, c’est d’obtenir une lecture cohérente du contexte, la plus nette possible, afin d’éviter toute confusion dès le départ. Car c’est bien ce contexte qui servira de point d’ancrage à toute la réflexion. S’il reste flou, il sera difficile ensuite de formuler des prérogatives claires, de proposer des conseils pertinents ou de mettre en place des actions cohérentes.
Pour y parvenir, une démarche simple fonctionne très bien : le QQOQCP — Qui, Quoi, Où, Quand, Comment, Pourquoi.
On peut tout à fait demander à l’IA de décrire le projet sous cet angle, ou de nous aider à reformuler ces dimensions pour mieux cerner le cadre global. C’est une excellente porte d’entrée pour poser les bases.
Et surtout, dans cette analyse du contexte, il ne faut pas négliger le “Pourquoi”. Le “Qui” et le “Quoi” sont souvent connus, mais le “Pourquoi” donne du sens. Il ramène à l’intention initiale, à la raison d’être de la démarche. C’est là qu’intervient le Golden Circle, popularisé par Simon Sinek, qui invite à “trouver son pourquoi”.
Ce travail du “pourquoi” aide à mieux comprendre et à mieux appréhender le contexte de réflexion dans lequel on évolue, avant même de passer à l’action.
