Explorer la créativité avec l’IA : se mettre dans la peau de…

Explorer la créativité avec l’IA : se mettre dans la peau de…

Quand on commence à faire des prompts, on se rend compte rapidement qu’il y a quelques frameworks intéressants à suivre. Quand j’ai commencé à travailler, il y avait le framework ACTIF de Mathieu Courthesy, qui était un framework très réputé de base. J’utilise beaucoup le framework CRAFT, c’est-à-dire contexte, rôle, action, forme et tonalité.

Quand on parle du R, le rôle, on a tendance à demander à l’espace artificiel d’incarner un rôle en particulier. Souvent, on te dit : comme tu veux un prompt dans le domaine des ressources humaines, je te demande de te positionner comme un expert RH.
Sauf que si tu attends quelque chose d’encore plus pointu, parce que ça fait référence à la rémunération ou à la formation, il faudra aussi indiquer que tu es expert dans ce domaine-là.

👉 Plus tu contextualises, plus tu précises le rôle — jusqu’à proposer parfois un personnage — plus la qualité de la réponse sera contextualisée, avec les mots et la logique propres à la personne incarnée.
Tout cela pour te dire qu’il faut vraiment, avec le R, se mettre dans la peau de…


Aller au-delà du rôle : la divergence créative

Mais parfois, se mettre dans la peau de quelqu’un ne suffit pas.
Pourquoi ? Parce que quand tu commences à trouver un peu la catégorie, tu vas lire un sujet, tu vas lire un commentaire, et ça va te faire penser à quelque chose en particulier.
Souvent, en fait, cela te remémore un film, un livre ou une émotion particulière que tu as ressentie — pourquoi pas dans ton enfance.

Et c’est justement cette divergence, ce petit écart de lecture, qui fait tout l’intérêt du processus créatif.
Tu peux te demander : Si c’était un film, qu’est-ce que ce serait ? Si c’était un livre, qu’est-ce que ce serait ?

Et là, tu peux demander à l’IA d’être encore plus créative :

Si, par exemple, tu étais tel personnage, comment tu interpréterais ça ?

Et là, l’IA va te proposer un contenu totalement descriptif, décalé, qui sort de ta zone de confort, qui parfois peut même te bousculer — mais qui a un effet détonateur sur ta créativité.
C’est ce qu’on appelle le looping créatif : un mouvement de divergence qui déclenche de nouvelles idées.


Incarner un personnage ou une figure célèbre

En allant plus loin, tu peux demander à l’IA d’incarner un rôle, un personnage célèbre, un personnage de roman, et même pourquoi pas un grand auteur.

Dans l’ouvrage L’IA pour la créativité, Thomas Pérusse et Luc Trensler expliquent que tu peux donner à ton assistant une personnalité historique ou documentaire.

Imaginons que tu veux t’inspirer de Socrate, pour approfondir tes idées avec des remises en cause logiques. La seule limite, c’est ta propre culture générale.

Tu peux dire :

  • Je souhaite que tu t’inspires de René Descartes, avec le doute méthodologique, pour analyser les idées sous l’angle de la rigueur logique.

  • Tu incarnes Friedrich Nietzsche, avec une perspective critique et provocante, pour questionner les idées de manière radicale.

  • Tu incarnes Immanuel Kant, raisonnement éthique et structuré, pour évaluer sous l’angle de la morale et de la logique pure.

  • Tu incarnes Hannah Arendt, pour explorer les implications du pouvoir et de la responsabilité.

  • Tu incarnes Léonard de Vinci, curieux, interdisciplinaire, qui mêle sciences, arts et ingénierie.

  • Tu incarnes Marie Curie, rigueur scientifique et persévérance.

  • Et tu incarnes Alan Turing, pour explorer les fondements de l’IA et de la pensée algorithmique.

Tout cela donne à l’IA une profondeur d’incarnation qui renforce la richesse de la réponse.


Le rôle, mais aussi l’audience

S’il incarne le rôle, la personne qui est sollicitée peut aussi incarner l’audience.
C’est ce qu’on disait tout à l’heure : la manière de formuler les mots dépend aussi de pour qui l’on parle.


La psychologie au service du prompt

Il peut aussi être intéressant de se mettre dans la peau de quelqu’un qui a un profil psychologique particulier, voire une personnalité spécifique.

Je pense notamment au MBTI, ou aux tests développés par les ECPA, qui permettent de décrire différents profils de personnalité.
Cela permet de donner encore plus d’impact à une incarnation.

Si par exemple tu fais le test AssessFirst, tu peux ensuite demander à ton IA d’incarner un profil plutôt ouvert d’esprit, extraverti, introverti, ou quelqu’un d’agréable, etc.
En fonction de ce que tu veux obtenir, tu sollicites donc une tonalité différente.


Le paramètre de température : jouer avec la créativité

Au niveau des paramètres des LLM, il existe un paramètre qu’on appelle la température.
C’est elle qui contrôle le degré de créativité de l’assistant.

Sa valeur est comprise entre 0 et 1.
Une température de 0,2 produit des réponses prévisibles, cohérentes, rationnelles.
Une température de 0,8, proche de 1, génère des réponses plus originales, divergentes, audacieuses.

Tu peux donc très bien dire à ton IA :

Réponds-moi comme si tu avais une température de 0,8 pour être plus créatif dans tes réponses.

Et tu verras tout de suite la différence.


En conclusion

La créativité avec l’IA, ce n’est pas juste un prompt bien rédigé.
C’est une question d’incarnation, de posture et de divergence.
C’est une façon d’ouvrir des chemins nouveaux, de provoquer des idées, de créer ce fameux looping de la créativité — cette boucle qui fait jaillir les meilleures intuitions.